Lysandre Donoso, bandonéon
Michel Berrier, violon
Eric Chalan, contrebasse
Cédric Lorel, piano
- Astor Piazzolla: Verano Porteno
- J.S. Bach/A. Piazzolla: Sinfonia/Calambre
- Pedro Laurenz (arr. A. Piazzolla): Berretin
- A.Piazzolla: Lo que vendra
- Horacio Salgan: A Don Agustin Bardi
- Luis Brighenti: Ensuenos
- Jose Ricardo: Pobre Gallo Bataraz
- A. Piazzolla: Milonga del Angel
- Scarpino e Caldarella: Canaro en Paris
- A. Piazzolla: Bandoneon (extrait de la suite Troïlena)
Le tango : tradition, modernité, voyage
À la fin du XIXe siècle les faubourgs (barrios) de Buenos Aires sont peuplés de descendants d’esclaves, d’anciens paysans marginalisés, de travailleurs immigrés. Ces femmes et hommes dansent pour se divertir. Les styles et les genres se mélangent: habanera cubaine, candombe africain, danse gitane, chanson italienne: le tango est né ! Peu à peu la nouvelle danse envahit les bals. Les musiciens qui y jouent deviennent gardiens de la tradition (Guarda Vieja). Il faudra attendre les années 60 pour qu’Astor Piazzolla révolutionne le genre en y ajoutant des éléments du répertoire classique (superposition des lignes mélodiques, développements…). Pourtant, le jeune compositeur essayait de se débarrasser des influences populaires dans sa musique pour devenir un «vrai» compositeur. C’est le voyage à Paris et les conseils de la compositrice et pédagogue Nadia Boulanger qui l’ont incité à assumer son identité en mélangeant le tango au langage moderne complexe. La musique devient alors indépendante de la danse, c’est le Nuevo Tango.
«Double A» est le surnom du bandonéon signé Alfred Arnold, son fabricant le plus connu. Ce petit instrument à soufflet et à clavier (pouvant rappeler l’accordéon) exprime la passion, la fougue, la sensualité tout autant que la déchirante nostalgie propre à la musique de tango. Naturellement, les compositeurs bandonéonistes figurent en bonne place dans ce programme, en particulier Astor Piazzolla, sans doute le plus emblématique et novateur. Mais chaque instrument sait prendre la parole quand il le faut et jouer les premiers rôles, à commencer par le piano si personnel et inventif d’Horacio Salgan, immense pianiste salué comme l’un des plus importants musiciens de Nuevo Tango. Et si, pour reprendre une citation de Enrique Santos Discépolo «le tango est une pensée triste qui se danse», il arrive également qu’elle se chante – de préférence par des voix légendaires (Carlos Gardel, Robert Goyeneche…) qui revient ici au travers d’arrangements qui en préservent toute la richesse. Fermez les yeux et laissez courir votre imagination… C’est à un voyage vers une époque déjà lointaine et pourtant encore tellement vivante que vous convie le Quatuor Caliente, pour retrouver un peu de l’âge d’or d’une musique, d’un instrument, et d’une ville, cette Buenos Aires mythique où tant d’artistes irremplaçables ont vécu, créé, aimé, dérangé parfois, bouleversé souvent…avant que Paris, l’Europe puis le monde entier s’enflamment à leur tour.
Source : Quatuor Caliente
